Opinions

Quelques billets d’humeur !


Agences, Annonceurs. je t’aime. Moi non plus…

19 septembre 2024

Extrait du mail d’un ancien collaborateur free lance qui bossait récemment sur l’événement d’un producteur laitier (X et Y cachent les vrais noms) : « Ils avaient une agence l’an passé pour leur monter ça (X), mais cette année, Y a voulu tout gérer en interne, persuadé que les agences d’event margeaient toutes bcp trop, ….et me voilà ! »

Dans le cas présent, l’annonceur se prive d’une vraie valeur ajoutée. Et c’est bien dommage.
Car l’agence n’est pas qu’un simple exécutant qui coûte des honoraires… . Elle apporte une fraîcheur dans la réflexion et un regard extérieur. C’est un partenaire qui permet de ne pas réfléchir seul, et contribue fortement à la construction d’un projet. L’agence apporte de la hauteur de vue, via ses expériences croisées sur d’autres secteurs d’activité.

Mais les agences de communication doivent changer leur approche et, pour certaines, ne pas considérer l’annonceur comme étant une vache à lait et/ou un incompétent… .
Les équipes de communicants « annonceur » se sont professionnalisées. Elles ont besoin de travailler avec des vrais professionnels. Le recours à telle ou telle agence prestigieuse n’est pas suffisant. Il s’agit de faire travailler ensemble des femmes et des hommes, complémentaires, …et de préférence compétents.

Cela dit, un annonceur a intérêt à capitaliser sur une agence partenaire, quitte à la façonner année après année, projet après projet, création après création, en lui permettant -recommandant même- de caster des électrons libres autour d’un noyau de permanents solides. 
Car la vraie question est aussi d’ordre économique… . 
Le recours à une agence a du sens dès lors que la politique de rémunération est négociée et clairement définie (le plus souvent, et très logiquement, corrélée à un volume minimum d’activité garanti).
La transparence doit être totale, y compris sur les rémunérations non officielles.
Si oui, l’agence de com peut orchestrer des compétences autour d’un projet, en travaillant main dans la main avec l’équipe de communicants « annonceur », en allant lui chercher les compétences complémentaires, voire en intégrant les métiers nécessaires, s’il s’agit de métiers long terme. La confiance établie va aussi permettre à l’agence de challenger l’annonceur en l’amenant sur des voies nouvelles, voire en le conduisant vers pistes créatives iconoclastes, permettant une coloration d’image fraiche et innovante pour la marque de l’annonceur.
Dès lors, le DirCom et son équipe apportent la vision de la marque, et l’agence et ses free apportent les compléments métiers spécialistes, dans une transparence totale et une ambition partagée.
Au final, un pari gagnant-gagnant.

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Evoluer vers l’innovation managériale

11 juillet 2024

Le “management 2.0” n’a jamais existé. Et encore moins le “management 1.0” !
Pourtant, on parle aujourd’hui de « management 3.0”.
Une idée de rupture par rapport aux modes de fonctionnement des organisations d’”avant”.

Sans être une baguette magique, le “management 3.0” est potentiellement transposable dans toutes les organisations. Mais il est impossible de décréter son adoption du jour au lendemain de manière unilatérale et uniforme. Avant de faire évoluer une organisation vers l’innovation managériale, il est nécessaire d’actionner 3 clés fondamentales :

1. Développer une relation de confiance en faisant adhérer les collaborateurs au projet d’entreprise, en leur laissant une grande liberté dans la manière d’atteindre les objectifs fixés. Il n’y a donc pas d’autre alternative que de faire confiance aux collaborateurs en leur accordant à la fois autonomie, responsabilités et reconnaissance, en faisant preuve de grande bienveillance, en libérant le droit à l’erreur et prohibant les menaces de recadrage ou de sanction.
Cela impose de passer beaucoup de temps avec les équipes, pour expliquer la stratégie de l’entreprise, mais surtout pour écouter les inquiétudes, répondre aux questions, prendre en compte les suggestions.

2. Décider autrement en transformant les processus de décision, car le management 3.0 repose sur une organisation avant tout transversale et horizontale. Terminés les signes ostentatoires de pouvoir et de hiérarchie. Il faut abandonner le beau et grand bureau cloisonné du dernier étage pour intégrer l’open-space aux côtés des équipes, apprendre à déléguer la prise de décision et d’initiative aux opérationnels.
Cela impose de développer une communication interne totalement transparente et uniforme sur la situation financière et la stratégie de l’entreprise, sans oublier de porter une attention particulière à l’accompagnement des managers et cadres intermédiaires qui sont en première ligne du changement.

3. Cultiver la motivation des salariés, en allant chercher leur engagement, et pas seulement par le levier de la rémunération. De l’ambiance de travail à la polyvalence du poste en passant par la régularité des feedbacks, les facteurs de motivation sont nombreux et divergent d’un collaborateur à un autre. Pour réunir ces facteurs, la première étape est d’abord de bien connaître ses équipes.
Cela impose de faire des points individuels réguliers avec les collaborateurs directs et les inciter à faire de même avec leurs équipes, sans négliger l’importance des feedbacks dans les deux sens.
Autrement dit, il faut libérer la parole et se remettre en question avant de bousculer une organisation. Et à tous les niveaux, passer d’une posture de « chef d’équipe » contrôlant l’activité et les résultats, vers un rôle de facilitateur ou de « coach » interne.

Une révolution pour les entreprises d’”avant”.

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Les 5 bonnes raisons de mesurer l’empreinte carbone de son événement

28 avril 2024

Prérequis à toute stratégie de baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES), la mesure de l’empreinte carbone s’impose dans les consciences, mais aussi dans les actes. L’application de la CSRD devrait par ailleurs accélérer le mouvement.

La mesure et le pilotage de l’empreinte carbone des événements ne sont pas encore entrés dans les usages des donneurs d’ordre qui balaient trop souvent d’un revers de main cette étape perçue comme coûteuse ou compliquée à mettre en œuvre, voire sans intérêt pour une production éphémère. 

Les outils de mesure et de pilotage d’empreinte carbone performants et rigoureux, s’appuyant sur la méthodologie Bilan Carbone, développée par l’ADEME puis par l’Association pour la transition Bas Carbone (ABC), sont désormais facilement accessibles. Dans l’événementiel, des professionnels de la filière ont co-construit des solutions telles que Climeet pour répondre à leurs besoins et usages opérationnels. Certains outils sont accessibles via des EMS, plateformes digitales d’organisation d’événements, à l’instar de Sparkup, Vimeet ou encore Captag qui intègrent Climeet sur leur plateforme.

 La quantification des GES sur l’ensemble du cycle de vie et du périmètre (transport, énergie, restauration etc.) d’un événement, se matérialise par une photographie de l’ensemble de ses postes d’émissions. Suite à la mesure de l’empreinte carbone, il est nécessaire de formuler puis de mettre en oeuvre des actions de réduction qui seront priorisées et pilotées au sein d’une feuille de route globale. Enfin, le financement de projets de capture ou d’évitement de GES, à hauteur des émissions résiduelles, est une juste contribution financière à la neutralité carbone mondiale. 

La mesure et la réduction de l’empreinte carbone peuvent contribuer à créer une expérience immersive et participative. En lançant des défis stimulants, de la réduction des déchets au covoiturage, l’événement se métamorphose en une scène d’engagements actifs. Parallèlement, la mise en œuvre de pratiques durables, telles que la production (stands, scénographie etc.) éco-responsables créent une ambiance positive et mémorable. Ainsi, l’événement devient bien plus qu’une simple rencontre, c’est une aventure collective où la prise de conscience se concrétise. Enfin, puisque les événements sont la vitrine des organisations, fond et forme ne doivent plus être en contradiction.

La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) est entré en vigueur le 1er janvier 2024. La directive européenne vise à normaliser le reporting extra-financier et à améliorer la transparence et la pertinence des informations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) publiées par les entreprises. Ces dernières doivent ainsi détailler les impacts climatiques de leurs activités, dont ceux de leurs événements. De plus, le nombre d’entreprises concernées passera de 12 000 à 50 000 sur les 4 prochaines années afin d’intégrer les ETI et PME cotées. En cas de manquement, la CSRD prévoit des sanctions telles que la divulgation publique de l’infraction (name and shame), des sanctions financières ou encore des ordonnances de cessation des activités en infraction. Alors, autant être pionnier dans cette démarche tant qu’il en est encore temps…

Maitriser son empreinte carbone événementiel valorise l’image de l’organisateur à travers son engagement en faveur du climat. Les différents publics, et notamment les collaborateurs internes, y sont sensibles, favorisant ainsi leur attachement aux valeurs de l’entreprise. Cela prévaut également côté agences, les moins engagées sont pénalisées dans leur recrutement de nouveaux talents. Tous impliqués dans un cercle vertueux où chacun prend sa part, là réside également votre survie.

Extraits Gazette des Salons

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L’événementiel responsable

4 février 2024

La démarche RSE en événementiel accélère depuis la crise COVID. Pourtant l’éco-conception événementielle est quelque peu malmenée dans le contexte de crises multiples (inflation, conflits, incertitudes géopolitiques, désastres écologiques, tensions logistiques…) qui suscite un climat d’anxiété généralisée et relègue le développement durable très loin des priorités. Pour la faire émerger, la filière événementielle doit capitaliser sans relâche sur les efforts notables et mesures prises par ses acteurs. Le sujet de l’évaluation génère parfois des tensions et désaccords chez les professionnels. En intégrant le bilan carbone d’un dispositif événementiel, elle devient un levier crucial en faveur d’opérations plus durables. Les indicateurs délivrés permettent en effet de mieux cibler les actions à entreprendre pour réduire les impacts sur l’environnement. Mais il ne fait pas tout !

La responsabilisation du secteur ne s’arrête pas à l’écologie. L’industrie de l’événementiel se doit aussi d’être précurseur dans le domaine de l’inclusion. Cela passe notamment par la prise en compte de l’évolution des pratiques. La prise en compte du bien-être au travail doit être inscrite au cœur de la responsabilité sociétale, à commencer par celui du burn-out dans l’événementiel -métier stressant s’il en est- qui soulève la question de la prise de conscience officielle de la profession vis-à-vis de la santé mentale des collaborateurs. C’est aussi l’occasion de donner leur chance à des prestataires qui sortent des sentiers battus et des grands classiques.

Par définition, un événement éco-responsable s’inscrit dans une notion de durabilité, d’éco conception, d’écologie et de responsabilité. L’objectif est donc de réduire les impacts environnementaux et sociétaux négatifs, tout en renforçant les retombées économiques locales, de façon équilibrée et sur la totalité des étapes d’organisation. En replaçant l’humain au centre du jeu.

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La communication, c’est un métier !

29 décembre 2023

La communication recouvre un ensemble de compétences et exige une parfaite adaptabilité. Car les techniques évoluent à très grande vitesse, en particulier le numérique. Savoir exploiter et valoriser une idée, donner du sens à une idée ou au choix d’une couleur, écrire un discours impactant à prononcer… . Ce n’est pas celui qui parle le plus fort et/ou impose sa vision qui est un communicant, mais celui qui sait convaincre et quelquefois se taire. Est communicant celui ou celle qui est capable d’avoir une vision globale d’un projet, qui s’inscrit dans une stratégie, qui en maîtrise et en assure la mise en œuvre, tant au niveau des moyens humains que budgétaires, en tenant compte des contraintes techniques, juridiques ou calendaires, avec des exigences opérationnelles et rédactionnelles, typographiques et graphiques; celui ou celle qui est capable de gérer une réputation ou une crise, à une époque où l’instantanéité rythme les journées, au son des notifications des smartphones.

Il n’est pas facile d’être performant en communication, car tout le monde estime pouvoir faire mieux que vous. 

On a jamais vu un Directeur Administratif et Financier ou un Directeur des Systèmes d’Information être contesté dans ses compétences par des jugements personnels. Et personne ne s’autoriserait à leur donner des leçons de fiscalité ou d’informatique. Et pourtant, nombreux sont les communicants qui reçoivent régulièrement des avis tranchés ou des consignes, contribuant à un risque de commettre des erreurs techniques, juridiques, éthiques, typographiques…

Le communicant n’est pas un faiseur de miracle. Et la communication n’est pas la variable d’ajustement de l’inorganisation des autres. Associer la communication à la fin d’un projet, c’est une faute professionnelle de la part du responsable du projet et de sa hiérarchie. 

Être communicant est un vrai métier, nécessitant hauteur de vue, rigueur et grande disponibilité. C’est un métier qui articule artistique, juridique, technique, logistique, en imposant le respect de règles et de processus. Certes, il bénéficie désormais d’outils, mais c’est un métier dont les résultats ne sont pas toujours garantis et qui conserve une réelle part d’incertitude, liée aux aléas de l’Homme, de la technique, de l’actualité, de la météo, de la politique ou d’autres événements totalement imprévisibles…

La communication est une affaires de professionnels, qui anticipent les crises et s’y préparent quand tout va bien, en formant les dirigeants à la prise de parole ou les collaborateurs au bon usage des réseaux sociaux, en travaillant le référencement naturel de l’entreprise sur le web, pendant que d’autres la ramènent pour donner leur avis, sans vision d’une stratégie de communication, sans connaissance des impacts et conséquences de chaque action, sans compétence pour un vrai métier qui n’est juste pas le leur…

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